Édito de Pierre Pagesse, Président du Gnis

exergue_pierre_pagesseLa campagne 2015-2016 a été marquée par des conditions climatiques particulièrement difficiles. Ces aléas climatiques ont été lourds de conséquences pour la production de semences, et notamment pour certaines espèces telles que les céréales à paille. Dans ce contexte tendu, le Gnis a pleinement joué son rôle d’interprofession en répondant de concert avec tous les acteurs de la filière. En effet, malgré ces grandes difficultés, notre action a permis aux agriculteurs de bénéficier de semences saines et de démarrer ainsi un nouveau cycle de culture, avec tous les atouts de leur côté.

À l’adversité du temps, chaque jour plus instable, d’autres défis s’imposent à l’agriculture du XXIe siècle. Ces défis concernent à la fois le cœur de l’activité agricole, et le contexte dans lequel cette activité se réalise. D’une part, l’agriculture, activité nourricière par essence, doit être à la hauteur du défi alimentaire engendré par la croissance démographique et l’élévation du niveau de vie sur tous les continents. Assurément, pour offrir à la planète une nourriture abondante et de qualité, nous devons aussi nous adapter à l’évolution du climat et des pathologies associées. Nourrir, nourrir bien, et nourrir toujours, voilà la priorité. Pour cela, il nous faut prendre une part active dans la dynamique de croissance verte. De plus, l’activité agricole sème devant elle de nouveaux débouchés non alimentaires. Et je suis persuadé que, dans le respect des équilibres bien compris, nous pouvons répondre à ces 2 défis de l’agriculture nourricière et de l’agriculture non alimentaire.

D’autre part, l’agriculture d’aujourd’hui est contrainte d’évoluer dans un cadre de concurrence accrue, liée à la libéralisation des marchés. À ce jour, l’Europe a signé plus de 35 accords de libre-échange… La guerre des prix sévit. Les agriculteurs français y sont confrontés, la rémunération des productions de semences aussi. Mais en France et en Europe, à la différence de nombreux autres pays, aucune protection efficace n’est mise en place. Et pourtant, nous savons tous que la visibilité sur les prix est indispensable. Elle offre aux agriculteurs une visibilité sur leurs revenus et, par conséquent, leur permet d’optimiser les facteurs de production. En somme, de récolter le fruit de leur travail.

Mais si nous ne pouvons, à notre niveau, répondre à de tels enjeux globaux, nous pouvons agir dans notre sphère de compétence… Le Gnis œuvre au quotidien pour apporter à notre filière toutes les solutions possibles. Pour renforcer le cadre de notre activité, nous avons réalisé un travail de mise à plat de nos statuts et de notre règlement intérieur. Ainsi, nous agissons en parfaite adéquation avec les évolutions récentes des lois françaises et réglementations européennes.

Avec l’adoption de la convention-type, nous avons mis à la disposition de la filière un outil essentiel de sécurisation de l’ensemble des relations et transactions.

Dans la continuité de notre action, je voudrais insister sur notre mission en vue d’améliorer ce que j’appelle la compétitivité intrinsèque du secteur agricole. Ce qui compte, c’est la qualité technologique de nos semences, et leurs capacités à répondre aux attentes des agriculteurs, à leur environnement, à leurs débouchés pour, finalement, satisfaire les besoins des consommateurs-citoyens. Pour y arriver, la recherche et l’innovation s’imposent. Faciliter l’accès des sélectionneurs à l’ensemble des technologies des sciences de la vie s’avère strictement nécessaire. Ces technologies étant en pleine évolution (séquençage génomique, post-génomique, développement de marqueurs, mutagénèse, transgénèse…), il me paraît indispensable de porter à la connaissance de nos concitoyens, par une communication adaptée, leur rôle fondamental. Car si la semence, véhicule de l’innovation et premier maillon de la chaîne agricole et alimentaire, est performante, c’est un indiscutable cercle vertueux que nous dessinons. Bien sûr, cette performance est créatrice de richesses et sert la croissance et l’emploi.

Fort de ces convictions, c’est avec diligence que le Gnis a contribué à la rédaction d’un document de positionnement sur les NBT (New Breeding Techniques, ou « nouvelles techniques de sélection végétale »). Nous considérons que ces techniques doivent être jugées sur leurs résultats plutôt que sur les procédés qu’elles utilisent. D’autant plus que, il faut le rappeler, les semences constituent le moyen privilégié de concilier agriculture compétitive, santé du consommateur et préservation de l’environnement.

Ainsi, par son action, le Gnis tente aussi de redonner à l’agriculture, qui puise sa force dans les semences, sa place parmi les grands enjeux géostratégiques. On ne le répétera jamais assez : l’agriculture est une des grandes chances de notre pays…
À nous de savoir la saisir !

Pierre Pagesse, Président du Gnis