GNIS

Betteraves et chicorée industrielle

PROTÉGER LES CULTURES

Cette année, la section a décidé de renforcer les moyens dédiés aux travaux de recherche sur la lutte contre le Lixus juncii qui poursuit son expansion et pour lequel les moyens de lutte doivent être revus du fait de l’interdiction de l’utilisation des néonicotinoïdes depuis le 1er septembre 2018. Une autre préoccupation importante de la section est la gestion du territoire. Tandis qu’une zone interprofessionnelle avait été créée en 2016, cette année les travaux de la section ont consisté à réfléchir à une meilleure information sur les zones protégées par la loi de 1972.

Jean-Noël Dhennin,Président de la section Betteraves et chicorée industrielle

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Le Lixus juncii est un coléoptère ravageur de la betterave qui engendre des pertes de rendement aussi bien sur la production de semences que sur la production de racines, base de la production sucrière.

Jusqu’ici circonscrit au Sud de la France, où les semences sont principalement produites, on observe sa progression sur une plus grande partie du territoire qui s’étend jusqu’à la Beauce. Cette progression est d’autant moins maîtrisée que l’utilisation des néonicotinoïdes est désormais proscrite. Pour lutter au mieux contre ce ravageur, la section a mis en place un réseau d’essais, en partenariat avec la Fnams, qui cherche notamment à comprendre sa biologie. Sur certaines zones, l’insecte est piégé afin d’évaluer la densité de sa présence et son comportement. Des essais avec des traitements alternatifs aux néonicotinoïdes, dont certains en biocontrôle, sont en cours. Des travaux de recherche ont aussi été lancés en partenariat avec l’Institut technique de la betterave (ITB) et les sucreries, également victimes du lixus. Les résultats de cette étude, qui en est à sa première phase, feront l’objet d’une collaboration de plusieurs années.

Pour assurer la pureté variétale des semences, la pollinisation croisée entre les différentes betteraves (sucrières, fourragères et potagères) ne doit pas être possible.

Afin de limiter la pollution pollinique, certaines zones de production de semences sont protégées par la loi de 1972 et différents arrêtés. Cette législation, parfois méconnue des agriculteurs et des néo-ruraux qui s’installent sur cette zone, n’est plus toujours respectée. C’est notamment le cas dans le département du Lot-et-Garonne, où la production de semences est réglementée par l’arrêté du 7 mars 1983.

Aussi, la préfecture (Direction départementale des territoires), la Fnams, les établissements producteurs de semences et le GNIS ont travaillé conjointement à l’élaboration d’une plaquette d’information reprenant les grandes lignes de cet arrêté et qui sera distribuée aux agriculteurs de ce département.

La section envisage d’étendre la diffusion de la plaquette aux particuliers et aux autres départements de la zone protégée, à savoir Gers, Lot et Tarn-et-Garonne.

208 M €

Chiffre d’affaires

Pour assurer la pureté variétale des semences, il faut éviter toute pollinisation croisée entre les différentes betteraves.

La betterave fourragère monogerme reprend des couleurs

En 1981, l’Association pour le développement de la betterave fourragère monogerme (ADBFM) a été créée pour assurer la promotion de cette culture délaissée par les éleveurs au profit du maïs fourrage. Bien que les surfaces de betteraves fourragères soient encore inférieures à 20 000 ha, les ventes de semences en France ont progressé de 20 % sur ces dix dernières années, et les exportations sont en constante augmentation. Ce regain d’intérêt est la conséquence des évolutions de l’offre variétale, des méthodes culturales et techniques. Par ailleurs, cette culture apparaît comme une réponse aux aléas climatiques grâce à sa haute tolérance à la sécheresse. Ces qualités sont relayées par l’ADBFM, en charge d’actions de communication et de promotion, d’une part, et de production d’essais techniques sur les variétés, d’autre part. L’association pilote le site Internet betterave-fourragere.org et différentes campagnes de communication dans des médias spécialisés.