GNIS

ORIENTATIONS STRATÉGIQUES

Mieux accompagner les filières en transition agroécologique

En amélioration des plantes, la diversité des technologies offre une dynamique d’innovation pour les obtenteurs et l’ensemble de la filière. Le GNIS ne souhaite pas défendre une ou plusieurs technologies, mais laisser le champ des possibles ouvert en termes d’innovation pour répondre aux enjeux de demain.

© Gnis-Paul Dutronc
© Gnis-Philippe Roux

Dans un contexte de changement climatique, où les périodes de sécheresse et d’inondations se multiplient et où les parasites et ravageurs se transforment, réussir la transition écologique nécessite de pouvoir apporter des solutions adaptées aux défis à relever, à savoir améliorer quantitativement et qualitativement l’alimentation, au moyen d’une agriculture utilisant le moins possible d’intrants chimiques, que ce soit des produits phytosanitaires ou des engrais. Face à tous ces paramètres, la sélection de nouvelles variétés est l’une des principales réponses que peut apporter la science pour maintenir une agriculture performante sur le territoire français. Mais l’innovation et la recherche scientifique peuvent susciter des interrogations et nourrir des inquiétudes. Il faut s’assurer de l’absence de risque pour l’homme, la planète et la société. C’est dans ce sens que l’interprofession participe aux débats qui agitent le monde agricole et bien au‑delà et accompagne la filière.

Concernant l’innovation et la recherche scientifique, le GNIS partage la position d’autres structures averties du secteur. En effet, suite à l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne sur les plantes transgéniques, le Conseil scientifique européen, l’ESA (École supérieure d’agriculture) ou l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) ont exprimé leur inquiétude de voir les nouvelles techniques de sélection comme l’édition de gènes ou Crispr/Cas9 soumises à la règlementation OGM. D’autant que ces outils reproduisent ce que la nature pourrait réaliser comme le fait la mutagénèse qui a permis d’obtenir de nombreuses plantes cultivées depuis des décennies.

Le Conseil d’État n’a toujours pas rendu son avis fin décembre suite à l’arrêt rendu par la CJUE le 25 juillet 2018. 29 organisations du secteur agricole se sont mobilisées pour demander une adaptation de la réglementation européenne. En ce sens, un courrier commun a été adressé à plus de 400 destinataires le 5 octobre 2019. Le GNIS et 14 de ses fédérations professionnelles étaient signataires, ainsi que des interprofessions et l’aval de la filière. Les professionnels interpellent les pouvoirs publics sur le savoir‑faire des entreprises semencières en matière de génétique des plantes, et le besoin d’innovation végétale, essentiels pour l’avenir de l’agriculture et de nos filières alimentaires. Dans ce sens, la directive OGM, jugée obsolète, doit être révisée, afin de « tenir compte des connaissances et des preuves scientifiques actuelles ». Le soutien et la volonté des pouvoirs publics apparaissent ainsi nécessaires.

La France a besoin d’une expertise socio‑économique et scientifique sur ces sujets. L’instance est aujourd’hui à trouver et l’interprofession soutient ce principe. C’est en ce sens que le GNIS, de juillet 2017 à ce jour, a répondu favorablement à l’État qui souhaitait l’associer au HCB (Haut conseil des biotechnologies). Ainsi, l’interprofession siège au sein du Comité économique, éthique et social (CEES). Ces instances de dialogue adressent des recommandations aux pouvoirs publics en vue d’éclairer leurs décisions.

Pour participer à cette évolution nécessaire des pratiques agricoles, l’utilisation de variétés propices à limiter l’utilisation de produits phytosanitaires au bénéfice de l’environnement est encouragée. Ainsi, l’interprofession soutient le dispositif expérimental de Certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP) mis en place en 2016 par le ministère de l’Agriculture. Il incite ainsi les distributeurs de produits phytopharmaceutiques à promouvoir ou à mettre en oeuvre auprès des utilisateurs professionnels des actions permettant de réduire l’utilisation de ces produits. Par exemple, l’utilisation de variétés résistantes ou tolérantes aux maladies.

De plus, aux côtés d’autres fédérations du secteur agricole et agroalimentaire, l’interprofession adhère au Contrat de solutions (www.contratsolutions.fr) lancé par 40 organisations agricoles, et dont l’objectif est de mettre en oeuvre la baisse de l’usage des produits phytosanitaires dans l’agriculture française et de proposer des solutions alternatives viables. En effet, parmi les nombreuses solutions à explorer, un grand nombre est porté par la semence et la génétique. C’est pourquoi plusieurs fiches de solution proposées portent sur cette thématique précise. Elles sont aujourd’hui au nombre de dix‑sept.